Portrait de vigneron

Pour voir et entendre Olivier parler de son métier: http://louisdressner.com/producers/Lemasson

Interview réalisée par Jules Dressner en mars 2011.

 

Photo d’Eric Gaigneron à la Dive Bouteille 2012

et aussi le portrait, par Eva Robineau, blog Oeno, Découvrir les vins de Loire autrement… Posté le 15 juin 2011

Ah ça faisait longtemps que je ne vous avais pas publié un petit interview ! Et à partir de maintenant, j’ai décidé de les faire un poil plus court, et de vous donner mon appréciation (non experte bien sûr) de certains vins du domaine en question.

Et le premier qui s’y colle, c’est Olivier Lemasson (avec l’aide de Cécile). Les Vins Contés, c’est un peu (beaucoup) de nature dans le Loir-et-Cher. Je vous laisse découvrir…

  • Oenos : Comment êtes-vous tombés dans le vin?

Olivier Lemasson : Tout habillé, un peu pingouin. J’ai fait une mention sommellerie après un apprentissage de restauration. L’expérience grands restos m’a vite fatigué, se raser tous les matins n’est pas fait pour moi ! J’ai donc découvert le monde de la cave, chez Eric Macé à Rennes, et coup de chance, il était le premier caviste nature à Rennes. J’ai tout goûté (enfin presque). Eric avait fait une année de stage chez Marcel Lapierre et m’a envoyé y faire les vendanges 4 ans de suite. La 5eme était la bonne, j’y suis resté un an. Avec des journées de manard, sous le cagnard Beaujolois, je prenais mon pied…

  • Oenos : Pouvez-vous nous présenter votre domaine?

Olivier Lemasson : Les Vins contés sont nés en 2002 lorsqu’Hervé (Villemade) voulait monter un négoce. Je travaillais à la cave du square Trousseau à Paris, on se connaissait, on a lancé l’aventure ensemble avec sa sœur Isabelle. Pour gagner ma vie, je travaillais chez Hervé et pendant mon temps « libre » aux Vins contés. Nous avons convolé pendant 4 ans, et puis nos chemins se sont séparés. Aujourd’hui Hervé et Isabelle ont monté un nouveau négoce et je suis le seul permanent des Vins contés, Jérémy Quastana et quelques autres copains travaillent pour la taille, l’ébourgeonnage, les mises en bouteilles et les vendanges bien sûr.

Puis j’ai eu envie de prendre de la vigne. En plus des vignerons à qui j’achète du raisin, une poignée de viticulteurs depuis le début, qui travaillent bien, très bien même, la plupart est en bio. L’un d’entre eux se tâte pour la conversion AB depuis 4 ans, et cette année il va sauter le pas. Je serai l’an prochain à 100% bio ou conversion AB. Mes deux hectares et quelques et les 9 hectares de vignes que mon équipe vendange.

  • Oenos : Vous êtes en agriculture biologique, pourquoi avoir choisi ce type de viticulture?

Olivier Lemasson : Par nécessité ! Comment vinifier « nature » sans levure indigène ? L’utilisation de produits chimiques détruit tout et en particulier les levures présentes dans le terroir. Il faut donc ajouter des levures dites délectionnées, mais alors là, les rayons sont pleins de ce que vous voulez : goût sancerre ? banane ? fruits rouges ?

Chez moi, la bio m’offre des levures du terroir, de la parcelle, c’est la condition sine qua non à ma vinif.

Evidemment, le fait de ne pas polluer et de faire des vins sains qui n’empoisonnent ni les sols, ni les consommateurs fait partie de l’ensemble.

  • Oenos : Les vignerons avec qui vous travaillez pour votre négoce sont-ils tous en bio?

Olivier Lemasson : En 2010, j’ai acheté des raisins à Michel Quenioux, Bruno Allion, Philippe Tessier, Olivier Bellanger qui sont en AB. Bruno Ledys va se convertir en 2011, mais il travaille les vignes que je vendange en bio depuis le début. André Chérouvrier, du Gaec de Villequemoy dont provient le côt de la Cheville de Fer n’est pas en AB, le propriétaire est âgé et ne veut pas se lancer dans cette aventure, mais il travaille sans chimie du tout. Reste un producteur, Jean-Pierre Montaru, qui n’est pas en bio et malgré mes requêtes, il ne veut pas se convertir, nous allons donc arrêter de travailelr ensemble après 8 ans… c’est dommage.

Ainsi l’an prochain, tous les producteurs seront bio, en conversion ou convertis non labellisés !

  • Oenos : D’où vient votre choix de faire des vins natures?

Olivier Lemasson : C’est ce que j’aime boire…

  • Oenos : Sur quels terroirs se situe votre domaine?

Olivier Lemasson : Mes vignes sont sur Monthou sur Bièvre et les autres, principalement dans la vallée du Cher (Thésée, Pouillé, Mareuil sur Cher).

  • Oenos : Pouvez-vous nous présenter vos vins?

Olivier Lemasson : Mieux vaut y goûter pour se faire sa propre idée ! Mes vins sont sur le fruit, des vins de soif, avec une grande buvabilité (= glouglou, on peut en boire des seaux). Les rouges sont vinifiés suivant une macération carbonique de 15 à 30 jours. Je n’extrait pas puisque je recherche le fruit.

Et le fruit effectivement il y en a dans ses vins !